Nos travaux visent à fournir une discussion critique de la notion de mondialisation ainsi qu’une interprétation sociologique du phénomène.
La mondialisation que nous vivons aujourd’hui est bien réelle, mais elle n’est ni nouvelle, ni achevée, ni « naturelle ». Tous les individus ne sont pas, loin de là, les acteurs d’une hypothétique société mondiale. La mondialisation produit plus de diversité que d’homogénéité. Elle n’est pas non plus automatique, voire nécessaire, irréversible ou finalisée. C’est une construction contingente, dont il faut déconstruire les éléments et les processus, pour retrouver les acteurs collectifs qui concourent à la produire.
Nos recherches visent à répondre à plusieurs séries d’interrogations qui s’articulent autour de quatre dimensions en interaction :
Chacune de ces dimensions comporte l’analyse des formes de la controverse à la mondialisation. Quels sont les contre-pouvoirs, comment émergent-ils ? Quelles logiques d’action défendent-ils ou portent-ils ?
La mondialisation apparaît comme un « fait social total », c'est-à-dire comme une série de transformations qui concernent toutes les dimensions de la vie sociale : les relations économiques, professionnelles, juridiques, culturelles, politiques et aussi géopolitiques, et donc aussi justiciables de concepts forgés par la sociologie depuis le siècle dernier dont il convient de discuter l’actualité. Nos recherches nous amènent à déconstruire certains mythes liés à la mondialisation :
La mondialisation n’est pas un grand Acteur, mais une série de choix et de conséquences cumulatives de choix d’acteurs, qui vont concourir à restreindre, pour certaines catégories, le champ des opportunités et ainsi exercer des effets de domination. Il n’y a donc ni contrainte en surplomb, ni pure coïncidence de choix d’acteurs, mais des phénomènes qui révèlent, éventuellement, des jeux d’alliances sur la scène internationale.
Dans la mondialisation, le mimétisme culturel n’implique pas un nécessaire partage des valeurs. Cette dissociation croissante entre mouvements de revendication d’une identité et forces d’intégration qui concourent à renouveler le capitalisme, questionne le sens même d’un espace possible de la moralité publique et de la démocratie.